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Comment les médias sociaux peuvent-ils aider en matière de transfert des connaissances sur les déterminants sociaux de la santé?

Écrit parPemma MuzumdarPemma Muzumdar | - Le 4 novembre
Pemma Muzumdar

Pemma Muzumdar, MPH

Knowledge Translation Specialist

Pemma Muzumdar is motivated by a desire to improve well-being and planetary health, particularly those who, through intersecting factors, experience marginalization and exclusion. She is based out of Montreal, Quebec.

Pemma has worked with the six National Collaborating Centres (NCCs) for Public Health in various capacities since 2011, developing and sharing knowledge, networks and resources for improved public health action. She completed her Masters of Public Health at the University of Waterloo in 2010, and draws from significant experience in science communication, public speaking, group facilitation, team learning and organizational development. Prior to joining the NCCs, Pemma contributed to dynamic teams at the Ontario Science Centre, Discovery Channel Canada, the Program Training and Consultation Centre of the Smoke Free Ontario Strategy, TakingITGlobal and the Li Ka Shing Knowledge Institute at St. Michael’s Hospital.

pmuzumd@stfx.ca

Cameron Norman et Pemma Muzumdar ont rédigé ce blogue pour le compte du Centre de collaboration nationale des déterminants de la santé.

Mon humanité est tressée à la vôtre, car nous ne pouvons être humains qu’ensemble.

[Traduction libre] - Desmond Tutu

Les médias sociaux ne sont pas que de simples outils et techniques permettant de relier les gens à l’information et de les relier entre eux. Ils se révèlent plutôt un retour aux sources en ce qui concerne la promotion de la santé, et un changement de paradigme en ce qui a trait aux communications sur la santé. De tels outils peuvent faciliter les efforts des intervenants de la santé publique pour exercer une influence, mobiliser la population et favoriser la collaboration entre les secteurs. Dans ce blogue, et dans un webinaire et une conversation virtuelle sur le même sujet, nous traiterons des médias sociaux et du rôle de plus en plus important que jouent ceux-ci dans le domaine de la santé publique pour ce qui est de faciliter l’échange des connaissances sur les déterminants sociaux de la santé et la promotion de l’équité en santé.

Avec les médias sociaux, la communication est mobile, rapide, évolutive, non hiérarchique, non linéaire, narrative et collaborative. Contrairement aux moyens de communication traditionnels, ces réseaux sont conçus pour une conversation plutôt que pour une diffusion. Les utilisateurs — individuellement et collectivement — se trouvent au cœur du message et du médium, et sont responsables de générer le contenu. Les messages ne circulent plus d’une personne à une autre ou d’une personne à un ensemble de personnes, mais plutôt d’un ensemble de personnes à un ensemble de personnes. Toute personne qui y participe a voix au chapitre et une chance égale de s’exprimer. Qui plus est, une foule de canaux de communication entrent toujours en jeu : il est possible d’inclure une photo et un message d’Instagram dans un blogue sur Wordpress; de comprimer le tout et de le publier sur Twitter; d’intégrer le contenu dans un profil LinkedIn; de le montrer dans une vidéo sur YouTube; de l’afficher sur Facebook; de le publier avec Storify; et ainsi de suite.

En plaçant les organismes, les réseaux et les individus sur un même pied d’égalité, les médias sociaux peuvent permettre de mobiliser plus d’un secteur autour des questions se rattachant aux déterminants sociaux de la santé et à l’équité en santé. Ils peuvent fournir un cadre virtuel complémentaire à l’intérieur duquel les professionnels de la santé publique peuvent échanger des points de vue et des ressources et rester à l’affût des occasions de collaboration.

Dans leur revue des médias sociaux et la santé publique, Schein, Wilson et Keelan (2010) (en anglais) mentionnent que le paysage des médias sociaux se caractérise par l’interactivité, un contenu généré par les utilisateurs et une circulation multidirectionnelle de l’information (p. 4). Toutes ces caractéristiques viennent remettre en question le modèle utilisé pour la plupart des communications dans le domaine de la santé publique. Cela dit, engager une conversation avec les autres correspond bien aux principes de base de la pratique en santé publique.

Entamer des conversations sur les déterminants sociaux de la santé, l’équité en santé et la santé publique et y prendre part

Un média social crée un espace hybride où les interactions peuvent être très personnelles. On peut également personnaliser l’information, la modifier et la cibler à l’intention de personnes, d’organismes et de réseaux précis. La participation à un réseau social s’apparente aux conversations intimes que l’on tiendrait en public. Aussi, un grand nombre des mêmes conventions s’appliquent tout aussi bien à l’une qu’à l’autre. On doit donc créer un espace propice aux échanges, aux concessions et au partage, et se montrer ouvert à d’autres points de vue.

La participation à une conversation requiert le respect des règles générales suivantes :

1) Avoir quelque chose à dire, être authentique et transmettre son savoir.

  • Il faut d’abord avoir une stratégie si on veut utiliser un média social de façon efficace. Cela ne veut pas dire dicter chaque message ou restreindre toute souplesse dans les réponses à la conversation. Il s’agit plutôt de savoir pourquoi vous avez certaines conversations. Entamez-vous une conversation pour encourager l’utilisation de données probantes? Faire connaître une ressource? Inviter à la discussion autour d’une question potentiellement délicate? Informer un groupe particulier? Apprendre des autres ou avec les autres? Ou bien s’agit-il d’une combinaison de ces intentions, puisque tout cela peut arriver en même temps? En étant stratégique, vous pourrez mieux vous « exprimer » d’une voix authentique dans tous les réseaux sociaux.

2) Échanges et concessions — une conversation ne se fait pas en sens unique.

  • Vous pourriez vouloir amorcer une conversation en parlant de ce que vous savez, et y ajouter une question ou une invitation à commenter : « Qu’en pensez-vous? » ou bien « Comment pourrait-on arriver à X? » ou bien « Quelle incidence cela a-t-il eue sur vous? Voilà toutes des questions appelant toutes sortes de réactions auxquelles se prêtent très bien les médias sociaux.

3) Dans la mesure du possible, incluez des liens : hyperliens, mentions et mots-clés (tags).

  • Pour mieux faire le lien avec d’autres messages, et pour aider d’autres utilisateurs à suivre l’information connexe, faites un effort pour apprendre les conventions, par exemple : insérez un hyperlien sur des mots dans un texte, mentionnez des organismes et des individus lorsque c’est pertinent, et incorporez des mots-clés dans vos messages sur les médias sociaux. Vous trouverez de plus amples détails dans la section qui suit.

4) Au besoin, sensibilisez-vous aux besoins de votre organisme de même qu’à ceux de votre auditoire.

  • Assurez-vous que votre organisme dispose d’une politique sur les modalités concernant l’échange de documents et ce qui constitue un appui sans réserve ou ce qui est considéré comme un point de vue personnel par opposition à un point de vue organisationnel. Posez des questions pour savoir ce que vous pouvez communiquer à l’aide de vos comptes ou de vos réseaux, comme celles posées dans un message sur la blog santé publique et les médias sociaux (anglais).
  • Commencez et terminez au moment opportun. Tout au long du processus, évaluez vos résultats par rapport à vos attentes. Une stratégie en matière de médias sociaux requiert une réévaluation en cours d’exécution et des étapes itératives pour créer, recréer et diffuser des messages et des conversations suivant un rythme adapté aux conversations en cours.

Repérer les conversations se rattachant aux déterminants sociaux de la santé, à l’équité en santé et à la santé publique.

L’insertion de mots-clics (hashtag : #) comme mécanisme de repérage sur Twitter se révèle l’un des outils les plus largement utilisés dans les médias sociaux. Quand vous cliquez sur un mot-clic, vous êtes redirigé vers une page centralisant tous les autres Tweets « marqués » de façon semblable.

Colleen Young a tendance à utiliser #hcsmca (anglais) pour marquer tous ses messages (et ceux de ses pairs) traitant des soins de santé dans les médias sociaux au Canada (hcsmca pour : healthcare social media canada) afin de permettre aux gens de tous les réseaux de repérer les conversations. À l’origine, un mot-clic visait à marquer des sujets sur Twitter, mais on l’utilise plus souvent aujourd’hui avec d’autres outils comme Instagram, Facebook et YouTube parce qu’il facilite la recherche et la distinction avec d’autres textes.

Certains mots-clics se rapportent directement aux déterminants sociaux de la santé (#sdoh), à l’équité en santé (#healthequity) et au domaine de la santé publique (#publichealth). Sur la capture d’écran ci-dessous, vous pouvez voir un exemple de la façon d’utiliser ces mots-clics dans des conversations. Les messages dans les médias sociaux, particulièrement sur Twitter, ont un nombre de caractère limite et doivent rester courts. Ainsi, une personne écrirait par exemple « allez voir cette ressource #sdoh », au lieu de « allez voir cette ressource sur les déterminants sociaux de la santé ».

 

Saisir (colliger) les conversations

On peut utiliser des outils comme Storify et Tweetchat (le site Web) pour rassembler les commentaires et les messages marqués d’un mot-clic. On peut inclure et organiser des objets médias (p. ex. photos, sites Web, d’autres messages dans les médias sociaux), c’est-à-dire les choisir, les réviser et les placer dans un ordre précis, afin de créer des « synopsis » qui montrent le défilement de la conversation. Il s’agit en réalité de collections d’objets tirés d’une série de conversations qui peuvent servir à préserver les notions apprises, approfondir la conversation et aider à déterminer les prochaines étapes et les mesures à prendre.

Le sujet pique-t-il votre curiosité? Participez au webinaire (anglais) et à la conversation virtuelle (francais et anglais) sur la question!

Comme dans un média social, le commentaire ci-dessus vise à poursuivre la conversation. Les auteurs de ce blogue, Cameron Norman et Pemma Muzumdar, vous invitent à vous joindre à eux lors de deux activités connexes :

  1. Du 7 au 14 novembre 2013, prenez part à une conversation virtuelle dans Cliquez pour l’équité en santé : communauté 
  2. Le 12 novembre 2013, de 14 h à 15 h 30 HNE, participez à un webinaire (anglais)

Ensemble, nous nous pencherons plus à fond sur les questions suivantes :

  • Quel usage fait votre organisme des médias sociaux pour échanger des connaissances sur les déterminants sociaux de la santé et l’équité en santé?
  • Quels sont les avantages et les difficultés entourant l’utilisation des médias sociaux dans le cadre d’interventions et de programmes liés aux déterminants sociaux de la santé?
  • De quoi ont besoin les praticiens en santé publique pour noter et évaluer l’usage qu’ils font des médias sociaux dans le cadre de leurs activités associées aux déterminants sociaux de la santé?

Pour obtenir plus d’information, veuillez communiquer avec Pemma Muzumdar à l’adresse pmuzumd@stfx.ca.

Balises

Communication, Application des connaissances, Méthodes et outils

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