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Collaboration intersectorielle pour faire tomber les obstacles administratifs

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Blogueuse invitée : Jamie Moore, ICISP(C)
Spécialiste en santé environnementale
Gouvernement du Manitoba (Winnipeg)

En 20 ans de carrière au sein de la santé publique, j’ai pu constater le rôle joué par les spécialistes en santé environnementale pour plaider en faveur de certaines personnes parmi leur clientèle. C’est une autre histoire parfois de savoir à quel moment intervenir au nom de la santé publique dans un dossier donné. Dans leurs fonctions, les spécialistes en santé environnementale se retrouvent devant des situations influencées par les déterminants sociaux de la santé, par exemple le revenu et la santé mentale. Il faut donc que d’autres qu’eux prennent aussi part à la solution.

Je me suis moi-même retrouvé dans une situation mettant en cause un individu qui vivait avec sa mère au moment du décès de cette dernière. L’individu a hérité de la maison et pouvait continuer d’y vivre. Il souffrait toutefois de problèmes de santé mentale en plus de n’avoir aucune source de revenu. Il ne savait pas qu’il pouvait demander de l’aide sociale. Il était isolé socialement et avait peur d’ouvrir si quelqu’un frappait à la porte. L’individu ne cessait d’accumuler toutes sortes de choses. La maison était tellement encombrée qu’elle présentait un risque pour sa sécurité. Des voisins ont appelé notre service de santé environnementale parce qu’ils s’inquiétaient du risque d’incendie et du danger pour le voisinage. Il n’y avait pas d’eau courante ni de chauffage autre qu’un petit radiateur électrique dans l’une des chambres du deuxième étage.

Il me revenait, à titre de spécialiste en santé environnementale, de décider de résoudre la question ou non. Dans ma région, un spécialiste en santé environnementale n’a pas l’autorité de forcer un propriétaire à quitter sa maison sans un ordre écrit du médecin hygiéniste. Les médecins hygiénistes ne signeront pas un tel ordre écrit sans obtenir l’assurance que le propriétaire-occupant dispose d’un autre type de logement. C’est ainsi que j’ai rédigé une lettre à l’individu en question et l’ai déposée dans sa boîte aux lettres. J’y exprimais mon inquiétude pour sa sécurité et lui offrais de l’aiguiller, notamment vers les services capables de l’aider à se reloger sans frais. Je lui offrais aussi de communiquer avec moi, ce qu’il a fini par faire. Je pense qu’il s’est décidé parce qu’il avait l’impression d’avoir le choix et que personne ne venait le forcer à faire quoi que ce soit. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises, ce qui m’a permis d’établir une relation de confiance. Je l’ai aiguillé vers les services sociaux d’urgence et de santé mentale communautaire de sa région. Il répondait aux critères d’admissibilité à l’aide au revenu et à l’habitation sociale. Il a accepté de quitter sa maison et d’emménager dans un logement social. Le médecin hygiéniste a donné l’ordre écrit de « placarder » la maison et de la garder vacante une fois ces démarches accomplies.

Malheureusement, l’individu a continué d’accumuler des choses, ce qui a mené à son expulsion du logement social. N’ayant nulle part où aller, il s’est vu obligé de réintégrer sa maison maintenant placardée. Le médecin hygiéniste et moi-même avons averti le client qu’il ne pouvait plus vivre dans la maison en raison de l’ordre écrit. Je me souviens qu’il nous a répondu qu’il voulait vendre la maison, mais qu’il devait d’abord la nettoyer. Il a ajouté qu’il devait acquitter 20 000 $ de factures impayées et qu’il n’avait pas les moyens de vivre ailleurs dans les circonstances. Je me suis dit qu’il devait certainement y avoir une solution. Je devais absolument sortir des sentiers battus. J’ai cherché le nom de l’agent d’immeuble le plus populaire dans le quartier, qui a accepté de passer devant la maison et de fixer un prix. J’en ai informé le client, qui est tombé d’accord. Parce qu’il avait maintenant confiance en moi en tant que spécialiste en santé environnementale, le client a accepté que je communique avec le travailleur en santé mentale communautaire. Avec l’aide de ce dernier et d’un travailleur social, de l’agent d’immeuble et d’un membre de la famille du client, nous avons pu soutenir celui-ci dans le processus de négociation de la vente de la maison. Il était entendu que les dettes du client seraient payées dès la conclusion de la vente et que le reste de l’argent serait conservé dans un compte en fiducie sous la responsabilité d’un membre de la famille. Dans une clause des conditions de la vente, l’acheteur devait remettre au vendeur, au moment du nettoyage de la maison, ce que le vendeur choisissait de garder suivant la capacité d’un petit conteneur d’entreposage. La maison s’est vendue. Le client a pu obtenir une place dans une maison de chambres, puis renouer avec sa famille qui a continué à l’aider à subvenir à ses besoins tout en lui laissant un certain pouvoir sur sa situation.

J’ai retenu bien des leçons de ce cas. Les interventions doivent s’effectuer dans le respect de la dignité humaine. Il faut traiter respectueusement avec la clientèle et l’aiguiller doucement dans le bon sens, tout en tenant compte des barrières individuelles qui sont parfois très difficiles, voire impossibles à surmonter. Comme spécialistes en santé environnementale, nous devons nous montrer ouverts à collaborer avec des collègues au sein de notre propre bureau ou d’ailleurs. Le fait de travailler de manière intersectorielle et d’inviter des partenaires « atypiques » à prendre part au processus (dans le cas qui nous intéresse, un agent d’immeuble) peut avoir des répercussions incommensurables. Une collaboration entre la santé publique et les autres services communautaires pourrait aider à cerner et à résoudre les problèmes de santé dans nos collectivités. Nous devons tisser des liens avec les gens de tous les milieux de la collectivité pour que nous puissions mieux comprendre les circonstances dans lesquelles vit une personne et comment l’aider à naviguer dans le système. À titre de spécialistes en santé environnementale, nous avons les compétences pour y arriver. Il ne nous reste plus qu’à décider de faire le premier pas.

Votre opinion nous tient à cœur! Quelle a été votre expérience en matière de déterminants sociaux de la santé et d’équité en santé dans votre milieu de travail en santé environnementale? Transmettez vos exemples de bonnes pratiques à Dianne Oickle, spécialiste du transfert des connaissances, et aidez-nous à faire connaître ce qui se passe sur le terrain. Notre collègue Karen Rideout, du Centre de collaboration nationale en santé environnementale (CCNSE), continuera de son côté à recueillir les témoignages des professionnels de la protection de la santé ou des inspecteurs et des praticiens en santé publique qui prennent des mesures pour influer sur les déterminants sociaux de la santé et l’équité en santé. Elle tient elle aussi à entendre votre opinion!

Consultez la collection de ressources du CCNDS pour approfondir la question. Nous vous suggérons :

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