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Pratique de santé publique axée sur l’équité pour lutter contre la tuberculose

Écrit parDianne OickleDianne Oickle | - le 29 novembre 2017
Dianne Oickle

Dianne Oickle, MSc, BSc

Knowledge Translation Specialist

Dianne is a dietitian with over 15 years’ experience working in public health in Ontario focused on reproductive and child health in a mostly rural setting with many diverse clients. Part of her work involved development of practice guidelines for health professionals, train-the-trainer initiatives, public presentations, educational resource development, working with the media, community coalition and network support, writing for the public and professionals, and program planning, implementation, and evaluation. She has taught university nutrition courses, worked with the provincial network supporting and advocating for dietitians in public health practice, and precepted over 20 dietetics and other students. Dianne earned her BSc in Nutrition and Consumer Studies (now Human Nutrition) at St. Francis Xavier University, and her MSc in Nutrition from the University of Saskatchewan.

doickle@stfx.ca

Photo : Richard Revel

 

Les personnes qui travaillent aux programmes de lutte contre la tuberculose savent la forte influence des déterminants sociaux de la santé sur les tranches de population plus à risque de contracter la maladie. Elles savent en effet que, de manière générale, la personne à risque de contracter la tuberculose s’expose aussi à d’autres facteurs de risque, par exemple un système immunitaire fragilisé, la malnutrition, le tabagisme, le diabète, l’alcoolisme, le logement inadéquat et la pollution de l’air intérieur. Les déterminants sociaux de la santé influent sur tous ces éléments. Dans de nombreux programmes de lutte contre la tuberculose en place aujourd’hui, on priorise le traitement plutôt que d’aborder les déterminants sociaux de la santé. Par conséquent, on ne s’attaque pas aux causes profondes qui déterminent la vulnérabilité d’une personne à cette maladie. En cumulant l’information sur le lien qui existe entre l’équité en santé et la tuberculose, je suis tombée sur quelques stratégies de lutte contre la tuberculose axées sur les déterminants sociaux de la santé qui placent l’équité à l’avant-plan et ont le potentiel de régler également d’autres iniquités en santé.

Envisager l’angle de l’équité en santé

Une des approches proposées consiste à examiner les programmes de lutte contre la tuberculose en place dans le secteur de la santé publique sous l’angle de l’équité en santé. Dans une publication conjointe du CCNDS et du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses, on fait l’analyse des approches employées en santé publique pour atténuer les iniquités associées aux maladies infectieuses, et des mesures qu’il serait possible de prendre dans les programmes de lutte contre la tuberculose pour mieux tenir compte des déterminants sociaux de la santé. Elizabeth Rea, médecin hygiéniste adjointe du bureau de santé publique de Toronto et contributrice à la rédaction du document, décrit la tuberculose comme étant « l’enfant-modèle » pour aborder le sujet de l’équité et des « diverses couches » des enjeux liés à l’équité en lien avec la tuberculose parce que « certains des déterminants sociaux de la santé sont également des déterminants de la tuberculose ». Le personnel du bureau de santé publique de Toronto a appliqué l’outil d’évaluation de l’impact sur l’équité en matière de santé (EIES) dans son programme de lutte contre la tuberculose, ce qui l’a amené à embaucher un travailleur social pour intervenir directement auprès des patients atteints de tuberculose. Lorsqu’on détermine qu’un patient atteint de tuberculose se heurte à des obstacles liés aux déterminants sociaux de la santé, le travailleur social aide directement ce patient à éliminer ces obstacles, en facilitant par exemple son accès à un soutien en matière de revenu et de logement, en plus du traitement antituberculeux.

Offrir une aide financière

Le Denver Metro TB Program, à Denver, au Colorado, est autre exemple justifiant la prise en compte des déterminants sociaux de la santé pour lutter contre la tuberculose. Dans ce programme, on tente d’éliminer les inégalités en ayant recours à un fonds d’aide aux patients lorsqu’on diagnostique la tuberculose chez une personne afin de compenser le manque à gagner possible qui nuirait à sa capacité d’accès à un logement et à de la nourriture. Michelle Haas, médecin spécialisée en maladies infectieuses du programme de Denver, décrit les déterminants sociaux de la santé se rattachant à la « série d’iniquités » de la tuberculose. Elle maintient que les déterminants sociaux de la santé qui ont une incidence sur l’espérance de vie d’une population sont les mêmes qui accentuent le risque de contracter la tuberculose, soit la pauvreté, le logement inadéquat et le manque d’accès aux soins de santé. Bien que la tuberculose ne soit pas nécessairement une principale cause de décès dans certaines régions, la maladie a souvent des répercussions multiples et néfastes sur la santé et la vie des personnes atteintes, particulièrement chez les populations marginalisées. Le personnel responsable du programme de Denver essaie de « penser au-delà de la tuberculose pour traiter la tuberculose » en axant ses efforts sur l’équité en santé comme stratégie de lutte contre la tuberculose.

Mandater les formations en matière d’équité

Il importe aussi d’examiner le rôle du racisme et des préjugés dans l’exécution des programmes de lutte contre la tuberculose. À Madison, au Wisconsin, on demande à tout le personnel de santé publique et de la municipalité de suivre une formation au sujet du biais implicite offerte par le comité Racial Equity and Social Justice (RESJ), ce qui comprend plus de la moitié du personnel travaillant au programme de lutte contre la tuberculose. Jenny Lujan, une infirmière de santé publique du programme de lutte contre la tuberculose, déclare que les connaissances ainsi acquises par le personnel ont mené à l’élaboration d’une charte, d’un modèle logique et d’autres documents de planification. L’élimination des iniquités raciales se situe au cœur de leur travail. On souhaite ainsi aborder le sujet des iniquités raciales et de leur relation avec la tuberculose, en espérant que cela aidera le personnel à reconnaître les préjugés implicites dont ils ne sont peut-être pas conscients et à se fixer des objectifs qui incluent des efforts pour éliminer le racisme et les autres problèmes d’équité plutôt que de se contenter de traiter la maladie.

Prioriser l’auto-détermination des peuples autochtones

Les populations autochtones qui vivent dans les régions éloignées présentent un risque accru de contracter la tuberculose en raison de certains déterminants sociaux de la santé, notamment l’iniquité de revenu, l’insécurité alimentaire et le logement inadéquat. Celles qui vivent près des grands projets miniers, de construction et d’infrastructure ont un risque additionnel en raison des impacts de ces projets sur l’environnement, y compris sur la pollution de l’air. La First Nations Health Authority (FNHA) de la Colombie-Britannique dessert bon nombre de régions touchées par la tuberculose. Isa Wolfe, une infirmière de santé publique au sein de la FNHA, insiste sur l’importance de faire participer les membres de la collectivité au processus de planification pour examiner le concept d’équité et les déterminants sociaux de la santé entourant la tuberculose. Cette démarche encourage à aller au-delà de l’encadrement médical et de tenir compte des aspects environnementaux dans une démarche intervention axée sur l’équité pour atténuer les risques de contracter la tuberculose. 

 

Ces exemples permettent de réfléchir à d’autres façons de traiter et d’éradiquer la tuberculose. Les approches de santé publique préconisées dans ces programmes — c’est-à-dire tenir compte de l’équité en santé à l’échelle de la population en accordant une attention particulière aux déterminants sociaux de la santé — pourraient également nous aider à régler d’autres iniquités de santé graves auxquelles sont confrontées les populations marginalisées.

Balises

Maladies infectieuses, Racisme - racialisation, Réseaux de soutien social

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