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Application des connaissances autochtones et modes d’acquisition du savoir autochtone — ce qu’ils veulent dire pour la santé pub

Écrit parDianne OickleDianne Oickle | -
Dianne Oickle

Dianne Oickle, MSc, BSc

Knowledge Translation Specialist

Dianne is a dietitian with over 15 years’ experience working in public health in Ontario focused on reproductive and child health in a mostly rural setting with many diverse clients. Part of her work involved development of practice guidelines for health professionals, train-the-trainer initiatives, public presentations, educational resource development, working with the media, community coalition and network support, writing for the public and professionals, and program planning, implementation, and evaluation. She has taught university nutrition courses, worked with the provincial network supporting and advocating for dietitians in public health practice, and precepted over 20 dietetics and other students. Dianne earned her BSc in Nutrition and Consumer Studies (now Human Nutrition) at St. Francis Xavier University, and her MSc in Nutrition from the University of Saskatchewan.

doickle@stfx.ca

Molly Peters de la Première nation Paq’tnkek Mi’kmaw : « C’est de votre devoir, en tant qu’acteurs de la santé publique, de comprendre ce que représente la CVR [Commission de vérité et réconciliation]. Nous avons besoin de praticiens qui ont des compétences culturelles. » [Traduction libre]

Au cours de la dernière année, le CCNDS s’est engagé dans une démarche pour devenir un organisme antiraciste, en portant une attention plus particulière sur le racisme à l’égard des peuples autochtones. Ce dialogue soutenu a fait en sorte que, lorsque j’ai assisté à Santé publique 2017 à Halifax (N.-É.) du 6 au 9 juin derniers, j’étais plus apte à mesurer la relation entre le racisme et l’équité en santé, ainsi que l’importance de l’application des connaissances autochtones et des modes d’acquisition du savoir autochtone. Pour ma part, en tant que femme blanche non autochtone, cela voulait dire que je me rendais à la conférence avec la ferme intention de porter attention à l’influence du racisme et de la racialisation sur la santé, y compris le racisme portant atteinte aux peuples autochtones. Heureusement, Santé publique 2017 m’a donné bien des occasions d’élargir mes horizons, et j’en suis ressortie plus riche en apprentissages que je ne l’aurais jamais cru.

Pour ce qui est d’appliquer les connaissances autochtones, je suis impatiente d’incorporer trois grands messages dans mes activités professionnelles à partir de maintenant.

1. Il faut respecter et prendre au sérieux les modes d’application des connaissances autochtones

Le fait de participer à la plénière intitulée « Bien-être mental – apprendre des communautés autochtones » organisée par le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone (CCNSA) m’a beaucoup aidée dans mon apprentissage de ce qu’implique l’application des connaissances autochtones. Le panel de spécialistes des questions autochtones a exploré comment les systèmes de connaissances conventionnels sont susceptibles d’opprimer, intentionnellement ou non, les peuples autochtones quand on adopte des schèmes de pensée non autochtones comme règle de mesure de la santé de populations entières. Un grand nombre d’entre nous en santé publique pensons que le « mode d’acquisition du savoir » fondé sur des données de recherche est le bon. Les praticiens de la santé publique qui ne sont pas d’origine autochtone doivent néanmoins songer que la perspective autochtone se trouve dévaluée si on s’en remet principalement à des connaissances non autochtones en santé publique. Un autre changement impératif qui se fait attendre est d’avoir une meilleure représentation des peuples autochtones au sein de la main-d’œuvre en santé publique.

L’autodétermination des peuples autochtones repose sur le droit de bâtir et de se réapproprier le savoir. Pour ce faire, il faut que les praticiens respectent la valeur des approches autochtones en matière d’application des connaissances (en anglais) et leur application en santé publique. Pour en savoir plus à ce sujet, il s’agit de lire le rapport produit par le CCNSA. On y trouve de l’information générale sur les processus de synthèse, d’application et d’échange des connaissances dans le contexte du savoir autochtone. Les praticiens qui ne sont pas d’origine autochtone doivent veiller à déconstruire les normes d’acquisition du savoir conventionnelles et prendre conscience des biais implicites et du racisme potentiel inhérents au langage employé en recherche et des types de connaissances auxquels on accorde plus de crédit.

2. Les stratégies d’application des connaissances autochtones sont efficaces et nécessaires pour décoloniser l’application des connaissances

Avant ma participation à Santé publique 2017, je n’accordais pas beaucoup d’attention à la nécessité de décoloniser les sources et les modes d’information ainsi que leur portée. Il y a un an encore, j’aurais peut-être pensé à inclure dans mon processus d’élaboration d’un produit ou d’un document un scénario où j’aurais parlé du travail avec des groupes autochtones, mais je n’aurais jamais songé à me poser des questions à savoir si mes sources d’information tenaient compte des systèmes de connaissances autochtones. Je ne me serais pas non plus questionnée sur la nécessité d’évaluer les fondements de mon propre bagage de connaissances ni sur le peu de sagesse autochtone qu’il contient. Les activités d’application des connaissances traditionnelles risquent de renforcer les pratiques coloniales, parce que la plupart des chercheurs ne sont pas d’origine autochtone. Ceux-ci ne posent donc pas souvent des questions de recherche qui incorporent les modes d’acquisition du savoir autochtone. Par conséquent, les sources d’information sur lesquelles s’appuient les praticiens pour accomplir leur travail, même si ce travail s’effectue avec les peuples autochtones, ne sont pas souvent fondées sur des systèmes de connaissances autochtones.

L’une des présentations de la conférence m’a fait connaître un protocole de revue systématique sur les modes d’application des connaissances en matière de recherche sur la santé autochtone produit en anglais en 2017. Les auteurs de ce protocole soulignent que, même s’il a été démontré que les modes d’application des connaissances autochtones sont efficaces, on ne les intègre pas souvent dans les travaux de recherche en santé, ce qui a des conséquences sur les processus programmatiques et décisionnels en santé publique. Pour décoloniser le processus de recherche, le protocole a été conçu de manière à ce que l’équipe de recherche choisissent ce qui suit :

  • des chercheurs autochtones chevronnés
  • des sources documentaires non répertoriées où on trouve plus souvent des auteurs autochtones
  • l’adaptation des outils de dépistage et d’évaluation de manière à respecter les principes de recherche en santé autochtone

Dans plus d’une séance, les présentateurs ont parlé de l’importance de « programmer » les perspectives autochtones dans les politiques et les plans organisationnels dans toutes les sphères du système de santé, y compris la santé publique. Ils ont souligné à cet effet les avantages que cela représente à la fois pour les peuples autochtones et l’ensemble de la population canadienne. L’un des présentateurs a suggéré pour y arriver que les acteurs de la santé publique instaurent des indicateurs de la santé des populations axées sur la santé et le mieux-être autochtones (en anglais). En effet, la définition même d’un indicateur associé à la population pour les peuples autochtones devrait sans doute être différente de ce qu’elle est à l’heure actuelle en santé publique. Elle pourrait ainsi mieux refléter les concepts et les priorités autochtones en matière de santé et de mieux-être.

3. Pour faire de meilleurs efforts pour attirer et maintenir l’attention sur les questions autochtones, les Blancs et les autres personnes non autochtones doivent acquérir les connaissances appropriées sans plus attendre.

L’atelier présenté par l’organisme San’yas Indigenous Cultural Safety Training de la Colombie-Britannique et intitulé « Des interventions pour interrompre les stéréotypes et la discrimination à l’égard des Autochtones » m’a fait comprendre l’importance de reconnaître que les populations non autochtones bénéficient du colonialisme. Au lieu d’utiliser des termes connus comme « sensibilisation aux cultures » ou « prise de conscience culturelle » qui mettent l’accent sur les différences entre les cultures, San’yas emploie le terme « sécurité culturelle » pour décrire son programme de formation destiné aux professionnels des soins de santé. Le concept se prête mieux à la déconstruction du racisme à la racine. Il aide à reconnaître les biais implicites qui influent sur les soins de santé prodigués aux Autochtones et les résultats de santé chez ces peuples. Il permet aussi de reconnaître la plus grande part de responsabilité que doit assumer la population non autochtone afin de créer un espace plus empreint de sécurité pour les peuples, la culture et le savoir autochtones en santé publique.

En acceptant cette responsabilité, les personnes non autochtones sont plus susceptibles de prendre des mesures efficaces – et impératives – pour atténuer le racisme exercé envers les peuples autochtones. Molly Peters, de la Première nation Paq’tnkek Mi’kmaw, était l’une des présentatrices lors de la séance plénière de clôture animée par Sume Ndumbe-Eyoh du CCNDS. Elle a très bien résumé la question : « C’est de votre devoir, en tant qu’acteurs de la santé publique, de comprendre ce que représente la CVR [Commission de vérité et réconciliation]. Nous avons besoin de praticiens qui ont des compétences culturelles. » [Traduction libre] Autrement dit, nous ne pouvons nous attendre à ce que les peuples autochtones soient les seuls à lutter contre le racisme. Les Blancs comme moi ont une certaine responsabilité pour faire en sorte de ramener ces questions à l’avant-plan des discussions et d’aider à trouver des solutions.

De quoi auraient l’air les stratégies en santé des populations si elles émergeaient d’un paradigme en santé autochtone? De quoi aurait l’air le rôle des praticiens non autochtones qui œuvrent en santé publique s’ils étaient des alliés et des champions de démarches et de systèmes décolonisés? Nous voulons connaître votre opinion! Envoyez-moi un courriel, ou lancez une conversation dans notre communauté Cliquez pour l’équité en santé.

Le présent blogue s’inscrit dans la continuité de la démarche antiraciste amorcée par le CCNDS. Il fait partie d’une série de trois textes qui seront rédigés par les membres de notre personnel relativement aux thèmes autochtones explorés à Santé publique 2017. L’un des blogues portera sur une nouvelle ressource publiée par le First Nations Health Council (C.-B.) sur les déterminants sociaux de la santé, tandis qu’un autre traitera du concept de « bonté latérale » en lien avec la violence latérale découlant de la colonisation.

Balises

Santé autochtone, Compétences culturelles , Application des connaissances

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