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Renforcer les conditions organisationnelles qui favorisent l’usage d’outils pour l’équité en santé

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À gauche : Normes de santé publique de la Nouvelle-Écosse (2011-2016); à droite : Nova Scotia Health Equity Protocol (2015)

 

Les Normes de santé publique de la Nouvelle-Écosse (2011-2016) et le document s’y rapportant sur les protocoles associés à l’équité en santé Health Equity Protocol (2015) (en anglais) ont vu le jour après deux années intensives de processus de renouvellement. Ensemble, ces deux documents invitent le personnel de la santé publique à comprendre les principes d’équité en santé et de justice sociale, à acquérir les compétences d’analyse essentielles et à appliquer les approches et les outils axés sur l’équité en santé. Cette invitation a poussé des groupes au sein du ministère de la Santé et du Mieux-être de la Nouvelle-Écosse, de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse et le CCNDS à trouver et à créer des outils susceptibles d’aider le personnel à adopter une approche axée sur l’équité en santé.

Notre projet a débuté en 2015 avec un appel de la Nova Scotia Health Research Foundation (NSHRF) pour des équipes de projet intéressées à explorer les démarches d’application des connaissances pour remédier aux problèmes cernés dans les services et les politiques de santé. La demande de notre équipe de projet (Christine Johnson, région de l’Est de la RSNÉ; Karen Fish, CCNDS; Doris Gillis, département de nutrition humaine de l’Université St Francis Xavier; Lynn Langille, ministère de la Santé et du Mieux-être de la N.-É.) a été retenue pour le volet mentorat.

Notre préoccupation consistait d’abord à faire rapidement adopter l’utilisation de quatre outils dans le processus de prise de décision de la santé publique, c’est-à-dire :

  1.  les rôles de la santé publique dans l’amélioration de l’équité en santé (CCNDS);
  2.  la perspective de l’équité en santé de la Nouvelle-Écosse;
  3.  Shifting the Conversation: A Focus on the Social Determinants of Health & Health Equity (Santé publique de la Nouvelle-Écosse);
  4.  Vers l’équité en santé : un outil pour élaborer des interventions en santé publique tenant compte de l’équité (ASPC).

Chacun de ces outils a été conçu pour aider le personnel à cerner, à comprendre et à traiter des iniquités dans la répartition de la bonne santé.

À mesure que nos travaux progressaient, toutefois, il est devenu clair que nous devions nous concentrer sur un changement de culture, c’est-à-dire vers une culture qui suppose le recours aux outils d’équité en santé dans toutes les démarches. Nous savions que nous devions atteindre cet objectif dans le contexte d’un changement plus large, c’est-à-dire : susciter un engagement individuel et institutionnel envers les valeurs de justice sociale et d’équité. Nous le savions dès le départ, mais nous peinions sur la manière d’arriver à en faire une exigence organisationnelle.

En attendant, en arrière-plan et en avant-plan pour les membres de notre groupe, la Nouvelle-Écosse était à centraliser ses services de santé en fusionnant neuf autorités sanitaires de district en une régie de la santé provinciale. Les structures et le personnel de l’organisme que nous voulions influencer étaient en plein bouleversement. Notre travail se trouvait à un point où il fallait nous adjoindre plus de personnes, mais il y avait une trop grande inconnue par rapport au personnel pour le demander. Nous devions patienter.

L’une des ressources qui soutient notre changement dans le mode de pensée – c’est-à-dire de passer de l’idée de l’adoption rapide des outils à l’idée de favoriser un changement de culture organisationnel afin de promouvoir l’utilisation des outils – est l’approche axée sur l’équité pour favoriser l’application des connaissances de Jeff Masuda et de ses collègues (2014). Ces travaux – qui sont devenus notre cadre d’orientation – mettent l’accent sur les relations de travail, la pensée critique et la pratique réflexive. Jeff Masuda et ses collègues voulaient trouver une approche d’application des connaissances qui tienne compte du contexte précis des perspectives différentielles expliquant pourquoi les inégalités de santé existent et ce qu’il y aurait lieu de faire pour y mettre un terme. Les chercheurs ont établi que, pour arriver à un raisonnement plus éclairé dans la prise de décision, les agents du changement doivent examiner qui produit les données probantes, comment présenter la possibilité qu’il existe d’autres réalités et comment ouvrir la voie à l’action collective grâce à l’établissement de liens. 

Notre travail a également subi l’influence des résultats des groupes de discussion organisés par l’Université dans le Nord-Est de la province en 2015. L’étudiante en recherche du programme spécialisé en nutrition humaine à l’Université StFX Sarah Ngunangwa a demandé aux praticiens de la santé publique de nommer les barrières et les catalyseurs qu’ils avaient observés au moment d’utiliser des outils pour l’application des connaissances. Les gens ont parlé d’un manque de compréhension commune par rapport à l’équité en santé et de la manière d’appliquer ce concept dans la pratique de santé publique. Ils ont également fait allusion aux attitudes, aux valeurs, aux croyances et aux perceptions bien enracinées et largement acceptées au sujet de ce qui détermine la santé et de la démarche en amont que devrait faire ou non la santé publique.

Bien que l’on nous avait conseillé d’éviter de tomber dans le panneau de la « formation » comme solution, nous savions que le travail de susciter un engagement institutionnel exigeait de réunir les gens pour les amener à réfléchir, à échanger et à discuter. Même si chacun de nous avaient des aptitudes en animation et en conception d’ateliers, nous avions tout de même l’impression d’avoir étiré nos ressources au maximum : nous avions besoin d’une personne possédant beaucoup de connaissances en éducation en matière de changement organisationnel. Notre recherche nous a menés vers Darren C. Brown, un expert-conseil en changement et en éducation, qui a offert ses services gratuitement pour quelques rencontres. Les compétences de Darren ont vivifié notre travail. Nous avons commencé à faire tomber nos blocages philosophiques et à nous concentrer sur le processus et la conception. Avec Darren, nous avons organisé une rencontre en trois parties avec le personnel de la Régie de la santé de la N.-É., que nous avons surnommée une ébauche. Le concept incluait des projets inter-ateliers pour les participants, des projets qui les maintiendraient dans un processus de réflexion, de recherche et d’action. Nos objectifs se sont élargis, c’est-à-dire que nous voulions souligner les données probantes reçues des personnes d’expérience, faire de l’équité une entreprise à l’échelle de la régie de la santé de la N.-É., et aider le personnel à faire la part des choses dans leur utilisation des outils et les moyens choisis pour réaliser ce travail. 

Aujourd’hui, le renouvellement du secteur de la santé tire à sa fin, et l’organisme de santé publique dispose de quatre responsables de l’équité en santé. Nous sommes prêts à passer à l’action, soit à confirmer la volonté organisationnelle par rapport à ce travail, à déterminer l’approche organisationnelle la plus stratégique à cet effet, à élargir notre équipe d’organisateurs et à trouver les fonds nécessaires pour continuer à profiter des services de l’expert-conseil et à assumer les coûts associés aux rencontres avec le personnel.

Vos questions et vos commentaires nous tiennent à cœur. N’hésitez pas à communiquer avec Christine Johnson, responsable de l’équité en santé, Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse.
 

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