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Promotion du potentiel piétonnier grâce à l’engagement communautaire dans les collectivités de l’Alberta

- le 27 septembre 2018

Blogueur invité, Graham Matsalla est un facilitateur de la promotion de la santé. Il travaille en prévention des maladies chroniques au sein des services de santé de l’Alberta. Son blogue est le premier de notre série sur le cadre bâti favorable à la santé.

Quand vient le temps de planifier des programmes, le peu de ressources à notre disposition a le potentiel d’influencer positivement nos résultats en matière de santé parce que notre situation nous force à penser de manière créative. Quand j’ai commencé à travailler pour les services de santé de l’Alberta en 2011, je devais établir le processus d’engagement communautaire du WalkABle Alberta (en anglais). Je devais produire des rapports sur certaines collectivités de l’Alberta en y incluant des recommandations pour en améliorer le potentiel piétonnier (voir la figure 1). Comme je ne pouvais fournir aucune ressource aux collectivités autre que mes propres conseils, je tenais à ce que ma démarche auprès d’elles ne soit pas prescriptive. J’ai réussi à établir un partenariat et à travailler avec les fonctionnaires provinciaux et municipaux dans le but d’améliorer le potentiel piétonnier de collectivités aux quatre coins de l’Alberta. Voici ma démarche.

Figure 1 : Processus d’engagement communautaire de WalkABle Alberta

Communiquer les avantages

Les promoteurs de la santé locaux ont facilité mon intervention en demandant l’aide de WalkABle Alberta pour améliorer le potentiel piétonnier de leurs collectivités respectives. Je me suis tout de suite rendu compte que, dans bien des cas, on cherchait déjà à améliorer le potentiel piétonnier pour favoriser un mode de vie plus sain (parfois expressément, parfois non). Pour bâtir une collectivité plus en santé, il faut se lancer. J’ai donc commencé par présenter aux promoteurs de la santé et aux administrateurs municipaux locaux les avantages collectifs possibles grâce à des améliorations au potentiel piétonnier. On peut notamment apporter des améliorations dans les milieux de la santé, sociaux, économiques et environnementaux et dans le domaine du cadre bâti. J’ai encouragé les promoteurs de la santé et les administrateurs municipaux à faire participer au processus les membres de la collectivité ayant les besoins les plus criants afin d’assurer que les changements soient conviviaux et inclusifs.

Établir le lien entre les enjeux et les acteurs

Ensuite, je me suis renseigné sur ce qui se passait dans la collectivité. Quand on planifie un changement local, on peut souvent se servir des plans d’urbanisme, des plans stratégiques, des plans de développement économique ou des plans de développement durable qui sont en place et qui comportent déjà des visions d’avenir pour la collectivité. Pour les collectivités avec lesquelles j’ai travaillé, j’ai recensé les points communs entre ces plans et les changements recommandés en matière de potentiel piétonnier dans des ressources comme la Charte internationale de la marche [1]. Si les recommandations rejoignent les stratégies et les plans d’une collectivité, elles peuvent permettre de faire ressortir l’importance d’éliminer les obstacles au potentiel piétonnier.

Mobiliser toutes les parties prenantes

Parallèlement, j’ai encouragé les promoteurs de la santé publique à l’échelle locale à prendre part au processus d’aménagement du territoire en les mettant en contact avec les urbanistes. Ce sont ces derniers qui exercent le plus d’influence sur l’établissement de collectivités propices aux saines habitudes de vie. Ils ont aussi les mêmes objectifs (ou presque) que les professionnels de la santé publique. Par conséquent, leur démarche s’est trouvée enrichie du soutien de ces derniers. Au-delà des urbanistes et des professionnels de la santé publique, l’intervention de personnes-ressources locales favorise la participation des bonnes personnes au processus.

Mes fonctions me permettaient de jeter un regard neuf sur la collectivité. J’ai donc organisé une marche dans certains quartiers ou secteurs de chaque collectivité. Chemin faisant, je formulais mes commentaires et j’évaluais le potentiel piétonnier. Un œil neuf peut aider les organisateurs à voir ce qui fonctionne bien et les inspirer à apporter des changements ailleurs. On peut tout de même faire ce genre de marche sur une base individuelle ou en tant que groupe, sans l’accompagnement d’un facilitateur, en suivant les étapes expliquées dans cette ressource pour effectuer l’évaluation.

Fixer des objectifs communs

Une fois que nous avons établi le lien entre les enjeux et les acteurs, nous avons exploré comment réaliser des objectifs communs de manière à obtenir des résultats collectifs se traduisant en améliorations dans la collectivité. En fixant des objectifs communs, vous pouvez aussi créer un plan d’action afin de répartir la charge de travail, ainsi que de déterminer le temps et les ressources humaines et financières à y consacrer. Le partage des responsabilités permet de créer une solidarité et d’assurer la continuité, grâce au sentiment d’appartenance de toutes les parties prenantes pour les initiatives à mettre en place.

Faire participer les décideurs

Malheureusement, ce n’est pas toujours facile. Les collectivités ne sont pas toutes prêtes au changement dans la même mesure [2]. Qui plus est, si quoi que ce soit entrave l’appui des décideurs, il faut y remédier. En réunissant les décideurs pour les amener à exprimer leurs préoccupations, vous pourrez connaître les obstacles et déterminer comment les éliminer. Une séance ou un atelier de consultation constitue une bonne façon de les faire participer et de donner aux membres de la collectivité l’occasion d’exprimer leur opinion.

J’anime des ateliers sur le potentiel piétonnier à l’aide de la Charte internationale du potentiel piétonnier [1]. J’offre ainsi aux membres de la collectivité l’occasion de se prononcer sur la démarche de l’administration municipale et de mentionner les changements qu’ils souhaiteraient voir se réaliser en priorité en s’appuyant sur les principes énoncés dans la Charte. L’administration municipale peut ensuite s’inspirer de ce qui s’est dégagé de l’atelier pour rédiger un plan d’action, en y incluant mes recommandations (celles du facilitateur).

Lors des séances que j’ai organisées, les participants ont insisté sur le fait qu’il fallait que les bonnes personnes (les décideurs) soient dans la salle pour entendre le point de vue des membres de la collectivité de manière à ce qu’elles adhèrent aux mesures et aux recommandations.

Aller de l’avant

Les champions du potentiel piétonnier de chaque collectivité ont affirmé que le processus de mobilisation que j’avais mis en place les avait aidés à bien des points de vue. Ils ont réussi à améliorer le potentiel piétonnier. Ils ont pu mettre sur pied des comités sur les saines habitudes de vie, établir des rapports avec les parties prenantes et encourager l’échange de ressources. L’équipe de WalkABle Alberta continue de travailler avec ces champions afin de les aider à atteindre les objectifs énoncés dans les rapports découlant du processus de mobilisation réalisé dans leurs collectivités respectives. Les priorités peuvent changer et certaines mesures peuvent se révéler plus faciles que d’autres à mettre en place. Toutefois, avec la bonne stratégie, les champions peuvent maintenir le cap et tendre vers une collectivité axée sur l’équité, l’accessibilité et le mode de vie sain.

Sommaire

Pour encourager l’engagement communautaire, il faut beaucoup de souplesse, travailler en fonction des besoins locaux et appuyer les plans qui reflètent les changements souhaités. Pour ce faire, j’ai :

  • travaillé avec des personnes-ressources sur place qui voient l’intérêt d’améliorer le potentiel piétonnier dans la collectivité;
  • fixé les priorités pour la collectivité et l’administration publique municipale;
  • agi comme courroie de transmission entre les promoteurs de la santé, les urbanistes, les décideurs et les intervenants communautaires afin d’accroître la capacité d’action (p. ex., en mettant sur pied des comités sur les saines habitudes de vie ou en passant par des comités déjà en place);
  • utilisé une démarche qui met à profit ma perspective de l’extérieur, ce qui peut me permettre de formuler des commentaires constructifs à partir d’un regard neuf sur des systèmes existants – en jetant la lumière sur les points positifs tout en cherchant des idées susceptibles d’inspirer un changement collectif;
  • aidé les intervenants à déterminer des objectifs communs fondés sur les priorités propres à chaque groupe;
  • facilité la production d’un rapport sur la collectivité qui comporte des recommandations susceptibles de mener à des mesures collectives prises par la collectivité, pour la collectivité.

 

Graham Matsalla, B. Sc. (kin), MBA, ATDR, CHE
Prévention des maladies chroniques et santé buccodentaire
Mode de vie sain
Santé des populations, du public et autochtone
10101 Southport Road SW Calgary (Alberta) T2W 3N2

Téléphone : 403-943-6781
Courriel : graham.matsalla@albertahealthservices.ca
www.ahs.ca/walk

Références bibliographiques

[1] Walk21. (Octobre 2006). International Charter for Walking. Récupéré http://www.pedestrians-int.org/images/IFP/pdf/key_doc/charter_EN.pdf (en anglais)
[2] Prochaska, J.O. et C.C. DiClemente. (1986). Toward a comprehensive model of change. Dans W.R. Miller et N. Heather (dire.). Treating Addictive Behavior. New York (États-Unis) : Springer.

Photo: Denisse Leon

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